Partager l'article ! 98ème étape : 26 octobre 2011 – de Fisterra à Lires: Ce matin au réveil, mauvaise surprise : il pleut des hallebardes. Hubert n’est ...
Le chemin des étoiles
Ce matin au réveil, mauvaise surprise : il pleut des hallebardes. Hubert n’est pas très chaud pour partir car nous sommes en alerte orange. Oui, mais si nous n’avançons pas aujourd’hui, nous ne pourrons plus aller jusqu’à Muxia. Le propriétaire vient nous dire au revoir et nous déconseille de partir, il nous dit que le beau temps est annoncé pour demain. Nous quittons quand même notre gîte sous une pluie très violente. A peine sorti du village, la tempête se déchaîne. Un vent sauvage rabat les ponchos sur nos têtes, il faut se dépêcher de retrouver la sortie avant d’être trempés. De plus, nous ne trouvons pas le départ du chemin. Je subi en silence et me garde de me plaindre de peur d’entendre la phrase : « je te l’avais bien dit ». Finalement, grâce aux explications de notre logeur, nous trouvons les premières balises. Hélas, bientôt il n’y a plus rien, nous avons dû rater une bifurcation. Nous avançons la tête baissée, enfoncée dans les capuches et, évidemment, nous ne voyons pas grand-chose. Deux pèlerins nous suivent, aussi perdus que nous. Nous n’allons quand même pas faire demi-tour ! Nous nous séparons à une intersection : au jugé ils pensent que c’est la bonne direction et nous préférons partir en direction d’un village, que nous apercevons au loin, afin de nous renseigner. Nous arrêtons un camion qui nous indique une direction, nous la prenons mais toujours pas de borne en vue ! Comme nous apercevons un nouvel hameau, nous y allons et un papy nous explique le chemin. Enfin, nous retrouvons le balisage ! Il va falloir être très attentif afin de ne pas nous perdre. Ce matin, nous ne pensons pas à la pause, nous voulons arriver le plus rapidement possible. Les chemins sont transformés en ruisseaux qui dévalent les pentes. Au début, nous essayons de passer sur le côté ou sur des pierres mais bientôt, vu l’état de nos pieds, ce n’est vraiment plus la peine de faire attention. Hubert, en short devant moi, s’en donne à cœur joie, l’eau gicle jusqu’à ses mollets. Si ce n’était pas si dur, cela pourrait m’amuser. Le vent est de plus en plus violent, il nous déporte sur le côté. Quand nous rencontrons un nouveau chemin où il faut patauger dans l’eau jusqu’aux chevilles, je me détourne dans le bois à côté pour être un peu plus au sec mais malheureusement, 100 mètres plus loin il faut tourner sur la gauche à angle droit. Je ne peux plus récupérer le chemin, séparé par un muret, et je suis obligée de faire demi-tour. Quand je rejoins Hubert, il me regarde avec un sourire narquois mais j’ai décidé de ne rien dire. En tous les cas, nous ne sommes pas bousculés aujourd’hui, nous sommes les seuls sur le chemin et les villages sont déserts. Tout le monde est resté au chaud et à l’abri. Enfin, aux alentours de midi, nous arrivons à notre village étape. Il y a deux casa rurale (chambres d’hôtes). Nous passons devant la première pour nous rapprocher un peu du centre. Alors que nous sommes arrêtés devant la seconde, une dame à sa fenêtre nous demande si nous désirons une chambre. Nous avons à peine le temps de réfléchir, elle vient nous chercher, nous aide à quitter nos ponchos et nous montre notre chambre. Il n’y a pas d’électricité pour le moment, la tempête a provoqué une coupure. La dame nous fait comprendre que cela devrait s’arranger rapidement. La chambre est belle mais c’est froid et humide. Nous nous dépêchons de nous changer entièrement (nous sommes mouillés jusqu’à la culotte), nous tordons nos chaussettes et accrochons le linge un peu partout. Nous sortons les semelles des chaussures et les laissons égoutter dans la baignoire. Tout cela a peu de chance d’être sec demain matin. Je n’ose pas penser à l’effet que cela va faire d’enfiler vêtements et chaussures mouillés. Nous pique niquons dans la chambre, la propriétaire nous donne deux pommes (elle doit avoir pitié) et nous indique un petit restaurant pour ce soir, à trois minutes. Nous verrons si la pluie se calme car nous n’avons pas envie de nous faire mouiller à nouveau, même pour un repas chaud. Comme ma polaire ne sèche pas, je l’enfile humide afin qu’elle sèche sur moi. Un peu avant 20 heures, nous profitons d’une petite accalmie. Je mets mon pantalon mouillé (sensation garantie) pour garder l’autre bien sec pour le retour, la logeuse nous prête deux grands parapluies et nous nous gravissons la côte qui mène au restaurant. Quelle délicieuse impression quand je m’assoie et que les jambes du pantalon mouillées se plaquent sur mes cuisses ! J’essaie de ne pas y penser et nous dégustons une succulente soupe de poissons avec des coquillages et deux énormes tortillas. Comme nous n’arrivons pas à finir on nous amène un morceau de papier d’alu afin d’emporter le reste. C’est parfait, nous aurons notre repas pour demain midi. Une autre pèlerine s’installe, elle est logée sur place. Elle nous dit qu’elle voulait faire l’étape jusqu’à Muxia en une fois mais a décidé de s’arrêter de peur de finir à la nage dans les chemins. Quand nous ressortons, la pluie a recommencé de plus belle. Nous nous abritons sous les parapluies et sommes obligés de faire des entrechats pour éviter les ruisseaux qui dévalent la pente. Mes chaussettes sont à nouveau mouillées ainsi que le bas du pantalon (ce qui n’est pas grave car il n’avait pas séché). La dame de la casa nous attend et nous explique qu’elle s’est occupée de faire sécher nos capes. Cela nous soulage car, à notre arrivée, elle les avait déposées en vrac dans les escaliers du sous-sol. Nous regagnons notre chambre glaciale et très humide à cause de notre linge étendu un peu partout. Heureusement, le lit est pourvu de nombreuses couvertures. Nous nous couchons rapidement mais nous avons beaucoup de mal à nous réchauffer.
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