Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 16:18

Normalement c’était une petite étape mais au total nous aurons marché 22 kms. Quand nous partons ce matin, il est presque 9 heures. Il ne pleut pas mais ça ne saurait tarder. Les sacs sont bâchés et les ponchos à portée de main. Par contre, il fait très doux. Nous avons marché à peine une heure quand il commence à pleuvoir. Le temps d’enfiler les ponchos, c’est la grêle qui nous tombe dessus. Il n’y a pas d’abri en vue mais heureusement cela ne dure pas.  Nous entrons dans une forêt d’eucalyptus et peu à peu le ciel s’éclaircit et la pluie s’arrête. Au loin nous apercevons déjà Fisterra. Nous longeons la mer quand nous décidons de faire une halte. Le temps de poser nos sacs, de manger une barre de céréales et je décide de descendre sur la plage. Le ciel est gris, menaçant, chargé de nuages, la mer est blanche d’écume, je prends des photos, c’est grandiose. J’ai la grande joie de trouver très rapidement une magnifique coquille St Jacques. Elle a de la valeur celle-là car la tradition veut que l’on en rapporte une à la maison. Mais il faut que je retourne rapidement à mon sac à dos pour mettre mon poncho car la pluie se déchaîne à nouveau. Dommage, j’aurais bien traîné un moment par ici. Je décide de continuer par la plage tandis qu’Hubert suit le chemin par la pinède. Je continue à faire des photos car avec ce ciel noir, la lumière est magnifique. Nous croisons le couple de hollandais, c’est leur dernier jour, ils en profitent. Le monsieur vient lui aussi de trouver une coquille. Quand nous arrivons à Fisterra il est presque midi et nous nous mettons en quête du gîte communal. Nous tournons en rond dans la petite ville, impossible de le localiser malgré les indications des passants. Finalement, c’est une pèlerine qui nous indique le bâtiment, nous sommes passés plusieurs fois devant sans le voir. Comme il n’ouvre qu’à 13 heures, nous nous installons sur un banc vers le port afin de pique-niquer. Beaucoup de gens passent à côté de nous et nous adressent souvent un petit mot gentil. Une dame qui vient du marché s’arrête et nous offre une pomme et une poire. Nous sommes très émus par ce geste. Quand nous terminons notre repas, nous nous dirigeons vers le gîte et là les choses se gâtent. La dame de l’accueil, pas sympathique du tout, nous refuse le « diplôme de fin de chemin » accordé pour la partie à pied entre Santiago et Fisterra. Nous trouvons cela normal puisque nous avons fait une partie en bus. Par contre, elle nous refuse l’accès au gîte alors qu’aujourd’hui nous avons fait l’étape à pied comme les autres. Nous sommes très peinés par son attitude. Pour le logement, il n’y a pas de problème car il y a plusieurs petites auberges privées. Nous en trouvons une toute petite de 6 lits.  Pour le moment nous ne sommes que 4. Le temps de poser nos affaires et nous partons, malgré la pluie, pour visiter le phare à 3 kms. Mais nous avons de la chance car à l’arrivée au « bout de la terre »,  le soleil est de retour. Beaucoup de pèlerins laissent un petit souvenir à cet endroit. Il y a un bâton planté auquel des chaussures sont suspendues et beaucoup de petits messages sont inscrits sur les pierres. J’en relève un qui me plait beaucoup:

Yesterday is history                                    Hier appartient à l’histoire

Tomorrow is a mystery                              Demain est un mystère

Today is a gift                                              Aujourd’hui est un cadeau

That’s why it’s call the present                  C’est pour cela qu’il s’appelle le présent

Nous photographions aussi le « monument à la chaussure ». C’est une paire de grosses chaussures de marche en fonte soudée sur un rocher. Nous installons nos propres chaussures à l’envers pour immortaliser l’usure de nos semelles. Puis Hubert me prend en photo sur les rochers tout au bout pour montrer à la famille que nous sommes bien arrivés.  Au Moyen Age, les pèlerins pensaient vraiment que c’était le bout de la terre. Nous, nous connaissons l’Amérique mais, si nous voulons nous y rendre le chemin s’arrête et il va falloir nager. Nous ne sommes pas très motivés d’autant plus que cet endroit s’appelle « la côte de la Mort ». Après avoir bien traîné et nous être changés les idées car nous avons du mal à digérer la façon dont nous avons été reçus, nous prenons la petite route qui nous ramène à Fisterra (et encore 3 kms !). Nous traversons toute la ville pour aller faire un tour sur la plage (2 Kms). Hubert reste assis à fumer tandis que je vais me promener pieds nus sur le sable. Et oui, chacun son plaisir ! Puis, nous procédons au sacrifice de son vieux lacet de chaussure et nous l’immolons sur la plage comme nous lui en avions fait la promesse. Nous retournons au gîter vers 17 h et, pendant que je prends une douche, Hubert décide de retourner au gîte communal voir « notre copine » pour lui demander des renseignements sur le chemin Fisterra – Muxia. Il revient bientôt avec un itinéraire et il a trouvé la dame charmante. Peut-être qu’elle n’avait tout simplement pas digéré ! Pendant que j’écris, il se remet à pleuvoir à verse.

 

Par Denise la tortue
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