Partager l'article ! 96ème étape : 24 octobre 2011 – de Santiago à Cee (en bus) et de Cee à St Roch à pied (6 kms): Nous avons eu un sérieux dilemme : no ...
Le chemin des étoiles
Nous avons eu un sérieux dilemme : nous voulions nous rendre à Fisterra à pied (90 kms), sur notre guide cela est faisable en quatre étapes : une de 23 (aucun problème), la deuxième de 33 kms avec aucune possibilité de la raccourcir (il n’y a aucun hébergement intermédiaire sur cette étape) et les deux dernières respectivement de 20 et 12. Le chemin entre Santiago et Fisterra est très vallonné, très sportif. Je ne me sens pas capable de faire 33 kms, d’autant plus qu’un avis de tempête est annoncé. Beaucoup de pèlerins, qui souhaitaient aller à la mer, renoncent finalement et rentrent chez eux. Comme nous tenons absolument à rejoindre la côte, nous cherchons une solution. Nous voudrions faire la première étape à pied, puis prendre un bus pour avancer d’une vingtaine de kilomètres et terminer à pieds. Mais, renseignements pris, il n’y a pas de bus sur cette ligne : le bus pour Fisterra ne passe pas par là. En désespoir de cause, nous allons prendre le car jusqu’à Cee (70 kms) et là, nous pourrons reprendre le chemin pour continuer. C’est donc un peu triste que nous quittons le dortoir où beaucoup dorment encore pour nous rendre à la gare routière. Nous aurions vraiment préféré continuer par nos propres moyens. A 9 heures nous montons dans le car pour deux heures de route. Nous nous consolons en pensant que c’est la seule fois depuis Cluny que nous sommes motorisés. Quand nous sommes partis il ne pleuvait pas mais nous essuyons une grosse averse en cours de route. A 11 heures le soleil est de retour quand nous reprenons nos sacs et nos bâtons. Deux jeunes pèlerines descendent en même temps que nous. L’une d’elle a été malade tout le long car la route était toute en lacets. Nous sommes maintenant en bordure de mer, nous avons commencé à l’apercevoir depuis la fenêtre du bus. Comme nous sommes à côté d’un petit Carrefour Market nous faisons quelques courses avant de démarrer. Nous avons beaucoup de mal à retrouver les balises de notre chemin. Heureusement, comme souvent, les habitants nous indiquent la bonne direction. Nous ne savons pas s’ils nous montrent le chemin pour Fisterra ou pour Santiago car il y a des marcheurs dans les deux sens. Finalement, avec le guide, nous sortons de la petite ville de Cee dans la bonne direction. Après avoir essuyé une petite averse et, le soleil étant de retour, nous décidons de pique-niquer en bord de mer. Aujourd’hui, nous nous sentons plus touristes que pèlerins, il nous est difficile de nous remettre dans notre état d’esprit précédent. Après avoir traîné un bon moment, nous repartons et quittons rapidement le bord de mer pour grimper dans la forêt. Et tout de suite nous retrouvons les petits chemins que nous aimons. Ca sent l’eucalyptus, c’est très raide et très caillouteux. Les 6 kilomètres du jour sont vite avalés et nous découvrons notre gîte posé en haut d’une côte. C’est une ancienne école, il est tout petit, il n’y a que 20 places et il est seul, loin de tout. Ce soir c’est donativo, le repas et le petit déjeuner sont compris. Pendant que nous nous installons, les averses continuent à alterner avec les éclaircies. On se croirait en Bretagne. Par la fenêtre, au loin, nous apercevons le cap Finisterre. Demain, nous y serons. Nous profitons d’une éclaircie pour aller faire un petit tour et rentrons vite car soudain tout s’obscurcit. Quand nous rentrons l’hospitalero nous appelle et nous propose un thé. Nous nous installons avec un couple de Hollandais. Ils sont partis à pied de leur pays (environ 3000 kms). C’est vrai qu’à côté d’eux nous nous sentons de petits joueurs. Ils ont décidé de finir leur périple à Fisterra pour s’offrir un petit plus. Nous leur apprenons l’expression « la cerise sur le gâteau » et la dame s’empresse de la noter dans son journal de bord. Un peu plus tard, il est l’heure de passer à table et, là aussi, l’assemblée est cosmopolite : l’hospitalero est italien, il y a un espagnol, un israélien, un coréen, deux hollandais, deux allemands et bien sûr nous deux petits français. Et nous arrivons quand même à communiquer plus ou moins dans une ambiance très détendue. C’est beau le chemin !
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