Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 09:38

Ce matin encore, Hubert est le premier levé à 7 h moins le quart. J’émerge lentement à 7 h et quart et je ne suis pas la dernière. La première idée qui me vient à l’esprit c’est : « Demain, Santiago ». Une mauvaise surprise nous attend ce matin alors que nous nous rendons à la cuisine pour faire chauffer notre café : elle est fermée et n’ouvre que de 13 h à 22 h.  Nous nous installons dans un salon pour boire un jus de fruit et manger les tartines. Nous n’aurons rien de chaud et il nous faut aller remplir les gourdes au lavabo. A 8 h et demi nous quittons le gîte et nous sommes surpris par le froid. Nous ne sentons bientôt plus nos mains. A la sortie du village nous en comprenons tout de suite la raison : il a gelé cette nuit, les champs sont tout blancs. Nous attendons le soleil avec impatience mais nous sommes dans de très jolis chemins en sous-bois et, même quand il se montre, il ne peut pas nous réchauffer. Hubert impose un rythme rapide aujourd’hui, heureusement que j’ai récupéré la forme ! Tout le monde marche maintenant chacun pour soi, tendu vers le but si proche. Nous sommes toujours au milieu des eucalyptus et le chemin monte et descend sans arrêt, c’est très fatigant. Par contre cela nous réchauffe rapidement et nous marchons jusqu’à midi où tables et bancs en pierre, au soleil, nous accueillent. Nous sommes à côté d’une fontaine mais, encore une fois depuis que nous sommes en Galice, l’eau est coupée. La Castille, région très sèche et aride, possède dans chaque village une fontaine d’eau potable alors qu’ici, province très verte où l’eau ne manque pas, pratiquement toutes les fontaines sont à sec.  C’est comme les cuisines sans ustensiles, tout est fait pour que les pèlerins fréquentent bars et restaurants. Alors que je commence à critiquer, miracle, un peu plus loin, une fontaine avec de l’eau ! Nous en profitons pour nous rafraîchir, remplir nos gourdes et quitter nos polaires.  Un peu plus loin nous nous arrêtons pour lire une plaque émouvante : elle rend hommage à un pèlerin décédé en 1993, à une journée de marche de l’arrivée. Certains déposent quelques fleurs ou leur chapeau. Il fait maintenant très bon et c’est en tee-shirts que nous finissons l’étape. Nous traversons encore une fois une forêt où les eucalyptus sont immenses. Il est vraiment dommage que je ne puisse rendre l’odeur sur ce cahier. Ce sera le souvenir le plus marquant qu’il me restera de la Galice. A 12 h 30, nous arrivons au gîte. Heureusement que je surveille car, Hubert, pris par son élan, passe devant sans le voir. Nous nous installons et prenons un peu de repos avant d’aller faire un tour. Pour notre dernier jour sur le chemin, avant la grande arrivée, nous décidons d’aller boire un coup avant de faire les courses. Le village est morne, sans vie, la fin du chemin est triste. Je me sens seule, la famille me manque, les copines, mon petit chien et même la maison. Les gens prennent de plus en plus de distance les uns avec les autres et pensent déjà à leur retour. Nous ne sommes plus qu’à 20 kms de Santiago et la joie que j’attendais si près de l’arrivée n’est pas au rendez-vous. Nous avons fait déjà plus de 500 kms depuis Burgos.

 

Par Denise la tortue
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