Partager l'article ! 29 octobre 2011 – de Santiago à Mâcon (en bus): Grasse matinée, nous avons tout le temps car notre bus part à 11 h 30. Quand nous ne le ...
Le chemin des étoiles
Grasse matinée, nous avons tout le temps car notre bus part à 11 h 30. Quand nous ne levons à 8 heures, beaucoup dorment encore. A 9 h 30, nous partons tranquillement en direction de la gare routière. Une demi-heure après nous y sommes et nous rencontrons beaucoup de pèlerins qui attendent le même bus que nous. Nous en reconnaissons plusieurs. A 11 h 30 deux cars eurolines se présentent en même temps. C’est une joyeuse pagaille, personne ne sait dans lequel il faut monter, pas même les chauffeurs ! Finalement, des personnes qui vont à Lyon montent dans le car stationné devant nous tandis que le chauffeur du second bus vient nous chercher, nous demande de sortir nos sacs à dos et nous kidnappe littéralement pour nous mettre dans son car. Nous rangeons donc les sacs dans la soute et montons dans le bus. Là, un second chauffeur nous réclame les tickets de bagage que nous n’avons pas, nous essayons de nous expliquer quand le premier arrive et lui dit que c’est ok. C’est compliqué, mais ça l’était aussi pour nous ! Et nous voilà partis pour l’aventure. Nous prenons la direction de… Madrid. Bof, pas de panique nous verrons bien ! A midi, nous quittons l’autoroute, le bus s’arrête devant un petit restaurant. Le chauffeur nous dit d’aller manger, nous avons une heure d’arrêt. Visiblement, tout est prévu car les serveurs attendent. Ils ont dû être prévenus. Comme nous n’avons pas envie de dîner dans ce restaurant imposé, nous allons un peu plus loin avec une autre française et trouvons un bar qui sert des hamburgers. Une heure plus tard, tous les passagers sont de retour sauf les chauffeurs qui arrivent trois quarts d’heure après. Tout le monde est monté mais nous ne partons pas. On ne nous donne aucune explication, mais nous finirons pas comprendre qu’il manque quelqu’un. Finalement, après deux heures d’attente nous repartons. Nous avons un peu l’impression d’être des otages. Une demi-heure après nous stoppons, personne ne nous donne aucune explication et nous attendons. Qui ? Quoi ? Quand des passagers essaient de se renseigner, un des chauffeurs monte avec un grand sourire, et, comme le bus est rempli de pèlerins, il trouve drôle de nous faire un signe de croix ! Est-ce de l’humour ? De la moquerie ? Finalement un jeune homme arrive, à bout de souffle, on entend des éclats de voix et il monte dans le car. Ce monsieur n’était pas la avant le repas. S’était-il trompé de bus ? Comme nous ne comprenons pas l’espagnol nous n’en saurons pas plus, mais il a du mal à se remettre. Tout le monde est gentil avec lui. Une personne lui propose de l’eau, une autre une mandarine. Et le bus repart mais, hélas pas pour très longtemps ! Nous stoppons un peu plus loin, derrière le premier car qui ne nous a pas quitté pour le moment. Il est arrêté sur le bord de la route et a l’air d’avoir un problème (crevaison ?) Nous restons un moment derrière lui, les chauffeurs discutent puis nous l’abandonnons à son sort. Il est presque 20 heures quand nous arrivons à la gare de triage 50 kilomètres avant Burgos (oui, finalement, nous avons pris la bonne direction) et nous avons mis 8 heures de Santiago à Burgos (pour 500 kilomètres environ). Nous devons changer de bus et là, le chauffeur explique, uniquement en espagnol (de nombreuses nationalités sont présentes dans le car) la procédure à suivre. Heureusement, une dame installée devant nous nous fait la traduction. Pour le moment, personne ne descend, on va nous attribuer un ticket avec le numéro du prochain bus selon notre destination. Ici tout le monde se sépare. Le chauffeur nous fait un show en appelant le nom des différentes villes. Nous sommes six pour Lyon, les autres se dirigent vers Rennes, Paris, Amsterdam, Cologne… Quand tout le monde a son numéro nous prenons nos affaires à l’intérieur du car et laissons les sacs en soute le temps d’aller nous restaurer. Le rendez-vous est fixé à 21 heures pour les récupérer. Nous avons une petite heure pour souper et, après avoir récupérer nos bagages nous repérons notre nouveau bus. C’est une compagnie portugaise comme à l’aller qui nous prend en charge et là les choses deviennent sérieuses. A 9 h 10 nous démarrons et nous roulons pratiquement sans interruption. Nous avons droit à des arrêts pipi toutes les trois heures (à minuit et à 3 heures du matin). Jusqu’à la frontière nous roulons très vite et, dès que nous sommes en France, les chauffeurs respectent les limitations. Après la pause de trois heures nous nous arrêtons uniquement pour prendre des voyageurs et le bus est bientôt complet. A 8 heures, on nous accorde 30 minutes pour le petit déjeuner. A cette allure c’est à 10 h 30 que nous arrivons à destination (en fait nous avons gagné une heure grâce au passage à l’heure d’hiver). Nous prévenons Audrey par téléphone de l’heure de notre arrivée. Nous reprenons nos sacs pour nous diriger à la Croix Rousse. En arrivant sur la place, nous passons devant la terrasse d’un bar et nous entendons : « Buon camino ». Ce sont deux jeunes gens attablés qui nous saluent, cela nous fait très plaisir. Nous sommes très heureux de retrouver Audrey, Matthieu et surtout la petite Kimya, à qui nous avons beaucoup manqués. Un bon repas nous attend : salade verte, poulet et pommes de terre sautés, St Félicien, tarte au potiron. Nous apprécions après un mois de jambon, nouilles et très peu de crudités. Nous avons un peu de mal à tenir le coup après 24 heures de voyage sans pratiquement dormir. A 17 heures nous repartons pour la dernière partie du voyage. : Lyon – Mâcon en train. A la gare, une dame vient discuter avec nous et nous demande si nous arrivons ou si nous partons. Pourtant, nous avons des sacs de souvenirs et je tiens un bâton de pèlerin à la main pour Balian. Elle connaît le chemin et nous dit : « Je suis sûre que vous n’avez qu’une envie, c’est de repartir ! » Nous avons un peu peur de nous endormir dans le train mais 50 minutes plus tard nous voilà à Mâcon où toute la famille nous attend. : Jérémy, Emilie, Balian super heureux de revoir son papy et sa mamy et petite Aliénor que nous reconnaissons à peine. Le petit chien Cali cale sa tête dans notre cou en gémissant de bonheur. Ce soir aussi nous sommes invités à souper. Cela nous fait du bien de voir que nous avons manqué à tout le monde et nous sommes très émus par l’accueil des petits (les grands aussi mais ils le montrent moins). Kimya et Balian nous ont beaucoup réclamés, paraît-il. Nous rentrons à la maison avec Cali qui frétille de bonheur aux alentours de 22 heures et nous sommes déjà le 30 octobre.
Nous sommes partis cinq semaines, nous avons marché environ 570 kms. Au total, de Cluny à Santiago nos chaussures ont fait 2023 kilomètres à peu près.
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